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Un bestiaire d'animaux réinventés

Là, tout un bestiaire d'animaux réinventés fourmille, grouille et s'agrippe aux vases immenses, aux figures humaines quasi monstrueuses, qu'il trace d'un geste franc. Ce zoo, toujours accompagné d'une flore éparse, grimpe et court sur les corps ou rampe sur les pots et semble vouloir reprendre place parmi ces formes et s'y fondre.

Cette multitude de figures fragiles, ces reptiles, ces feuilles structurent et rythment des êtres massifs aux allures animales. Ces corps maculés d'ocre que la main sur la toile étale librement, taches de terres et de sang, personnages sans visages, simples fragments de chair qui, à leur tour, semblent dire notre enracinement au coeur de la nature.

Ces visions inquiétantes scarifiées au creux du corps humain, ce regard attendri sur ces simples bestioles, ces invasions d'espèces végétales, ces pots démesurés, ces scènes homériques nous rappellent une ère où chacun alors partageait le même berceau. Dans son face à face avec la matière, Frédéric Leclercq tente de ranimer ce monde où les fleurs poussent en pagaille sur la lave encore incandescente de nos origines les plus profondes.


Grégory CORTÈS

Un peintre inspiré au coeur du Vercors

Les toiles de Frédéric Leclercq touchent, émeuvent, interpellent. L’artiste nous emmène sur le chemin de l’introspection, des origines, de l’ancestral, du sacré aussi. Mais avec douceur, délicatesse et légèreté.

Un carré de papier libre marouflé sur du lin, des pigments qui dessinent un pot. Avec des anses. Dedans quelques brins de végétaux et ce qui semble être une salamandre. Mais ce pot-là fait résonner en nous la corde affective qui nous relie à la mère qui cuisine, ou encore au pot originel ou encore à la vie, tout simplement. Ce pot-là, est lumineux dans sa simplicité. Et en même temps il va toucher loin dans l’intime de chacun. Autre toile, autre format. Celle-ci remplit l’espace, elle est forte. D’un fond uni, couleur de terre, se dégage une silhouette. Elle se dévoile non pas grâce aux traits qui définissent ses contours mais grâce aux motifs répétitifs qui emplissent son intérieur, tampons imaginaires peut être ou richesse intérieure… Quoi de plus beau qu’un homme habité ?

Et puis il y a celle qui s’amuse avec le gosse qui se cache en chacun de nous. Un fond bleu comme les bleus des ciels des livres d’enfants ou des ciels que l’on regarde pour s’y perdre. Au milieu un arbre dont le tronc et le feuillage sont unis par la même couleur terre, mais légère, travaillée de bleu. Trois oiseaux, à peine esquissés tournent autour avec élégance. On y voit l’enfant que nous étions, l’avenir doux et la simplicité de la vie.


Murielle REIN
à Saint-Julien-en-Vercors,
le 05/05/2015